Kaspar de pierre (estratti)
by Laure Gauthier

kaspar de pierre (extrait 1), marche

 

Moi qui allais découvrir les nuages et l’écrit à la même seconde,

(ce que me dit l’évasement du souvenir)

 

entendis le papier se froisser à la lettre illisible que

jl devvv tracer

      soudain

et qui signifia bientôt : MARCHER

 

En sortant     me souvenais des nuages

Comme l’aveugle se figure le cercle

 

Et là parmi les hautes fagnes, me fraie un passage à hauteur d’épaules

Et vois le phototrope s’incliner à mes pas

Et plus jl marchch ch ch plus les soleils devenaient lourds et noirs

    arrivai donc au pays capitulé,

la terre me donnait froid sous les ongles

Mes plantes usées un peu rouges déjà

d’où ?

 

kaspar de pierre, « maison 3 » :

 

ai la pâleur du flanc de saint sébastien mais ma

douleur est sans image pour vous, elle est verbe,

Ma bouche pleine de vos mots, suis une histoire,

on aurait dû mouler un kaspar près de la Fontaine au bouffon,

mais mes supplices ne sont ni plastiques ni bronze,

Et même si l’on a plongé une dague dans ma poitrine, on me

soupçonne encore,

Tous les écoulements de sang en mon sein ne leur ont inspiré que

dépositions, encre et papier, et même quand j’ai dit, pour vous plaire,

les paroles du christ, à la toute fin, c’est écrit, on cherchait sous les

fibres de ma langue le mensonge. Jl est un fait divers en marche!

 

comme le lapin mort, vous auriez pu envelopper mon corps de toutes les chchroniques

de Hambourg à Stuttgart, des titres frémissants, mais pas de toiles

pour moi. Le rouge qui floqua la cave, mon pas mal assuré, la

poussière dans ma bouche, pas encore dignes des musées,

Et oui, regardez, on retire la roue des places publiques, belle époque que la mienne, plus d’excitation de foule au bruit de bris des bras,

du coupable,

de quoi?

Plus l’odeur de la sueur du condamné, plus les cris de la foule se mélangeant à ceux du roué, plus l’épaule ou les pieds du voisin en transe pour écraser les vôtres et vous faire manquer la bouche du supplicié, mais

des gros titres

qui n’ont d’odeur que celle de l’encre, hé  suis l’entrée en

bourgeoisie ?

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